Vivre au Québec en Hiver
L’hiver au Québec est une véritable épreuve de survie quand on vient d’Avignon. Tandis qu’à Avignon l’épreuve principale est le mistral et l’humidité; ici c’est la neige, les -30 degrés, l’air sec et le verglas.
Les vêtements
Pour ma part, la stratégie vestimentaire consiste à porter des t-shirts de ski (type Damart), une polaire et une doudoune épaisse. Pour moi cela suffit pour le torse. Toutefois, c’est plus délicat pour les jambes : sous pantalons (comme des genres de leggings), joggings un peu rembourrés et chausettes épaisses et chaudes qui remontent sur les tibias.
Quand le climat s’acharne sur moi, je peux éventuellement ajouter mon pantalon de ski, bien que j’évite au maximum. En effet, les bâtiments publics (ici, l’université) sont chauffés assez fortement et il peut être pénible de se déshabiller quand on fait des allers retours à l’université. Pour donner un ordre d’idée, si je ressemble à un ours à l’extérieur, je peux être en vêtements d’été en intérieur sans problème.
Enfin, je recommande d’acheter des chaussures d’hiver dans des magasins québécois. Le prix pour des chaussures -30° peut monter entre 80 et 100 euros, ce qui est conséquent quand on est étudiant, mais personnellement je trouve cela nécessaire pour éviter de perdre mes orteils. De plus, ces chaussures sont plus adaptées pour la marche dans la neige que des baskets simples. Je recommande également la combinaison classique gants + bonnet + écharpe, mais également de quoi couvrir le visage, que ce soit une écharpe épaisse, un tour de cou, etc. Quand je sors plus de 5 min dehors, j’ai l’impression de ne plus sentir mon visage … Pour l’anecdote, apparemment on reconnaît des français au Québec parce qu’on porte des écharpes, les québécois sont résistants au froid et peuvent sortir le cou à l’air sans finir à l’hôpital.
Les risques
Quand on n’est pas habitué, les risques du froid et du climat sont multiples. Si vous êtes déjà habitués à la montagne, des réflexes existent sûrement déjà; toutefois il est à prendre en compte qu’il faut les appliquer tout le temps au Québec, y compris quand on marche de façon extensive en extérieur pour, par exemple, aller à la faculté. C’est donc beaucoup plus épuisant que quelques mètres entre un immeuble et une piste de ski dans les Alpes.
Au delà des vêtements discutés plus haut, il est important de faire attention au froid, même habillés chaudement. Une fois le visage ou autres extrémités anesthésiées, il est difficile de se rendre compte du point de bascule entre « membre froid » et « membre à amputer ». Il faut donc être sur ses gardes. Il faut bien sceller toutes les jonctions de vêtements, mettre le pantalon sur les chaussures, les gants sur le manteau ou vice versa, etc.
Il est important selon moi de mettre des chaussettes vraiment épaisses pour bien tenir dans ses chaussures, qu’elles ne bougent pas d’un mm de votre pied. Marcher sur de la neige c’est épuisant, il faut donc que la chaussure tienne bien, pour minimiser l’effort. Puis sur une plaque de verglas, il faut pouvoir compter sur ses pieds pour se rattraper. L’astuce pour marcher est d’être fléchi sur ses jambes et s’assurer que chacune est solidement planté au sol, que si l’autre glisse on puisse tenir sur une jambe sans perdre l’équilibre. Si les mains sont dans les poches, il faut pouvoir les sortir le plus vite possible pour se balancer en cas de glissade. Il va sans dire que la prudence est de mise; il arrive d’avoir des tombées de neige ou des brouillards intenses où il faut faire attention à chacun de ses pas, il arrive d’avoir des « pluies verglaçantes » où le lendemain l’entièreté des trottoirs sont recouverts de verglas (je ne recommande pas d’ailleurs de sortir ces jours là), ou bien les allées déneigées qui représentent un piège car parfois on ne voit pas au sol le verglas et on glisse par excès de confiance.
Quelques tips divers
Activités
Malgré le froid qui s’abat sur le Québec en hiver, il existe des choses sympathiques à faire en hiver.
Par exemple, il est commun de trouver des pattinoires saisonnières en extérieur, notamment dans les parcs. Vous pouvez y faire du patin (à condition d’en avoir ou d’en louer), du hockey éventuellement et autres activités.
Certains animaux n’hibernent pas. Là où on voit des marmottes en été, il est possible d’apercevoir des ratons-laveurs en hiver qui cherchent à manger, des écureuils très chonky tout mignons qui courent dans la neige (non je ne suis pas passionné par ces animaux), des daims, etc.
Les paysages couverts de neige sont aussi très beaux en hiver, si vous êtes fan de randonnée et pas trop apeurés par l’effort physique, se balader dans la neige peut-être très sympathique.
Le marché de Noël et l’ambiance des fêtes de fin d’année sont aussi sympathiques à voir, surtout que Noël est beaucoup plus présent et fêté au Québec qu’en France, en témoignent par exemple les maisons très décorés qu’on aperçoit fréquemment.
Santé
L’hiver est aussi le temps de la mauvaise santé que ce soit en termes de maladies ou en termes de blessures, comme quand on glisse sur du verglas.
Je rappelle qu’en Amérique du Nord, le numéro d’urgence est le 911. Toutefois, pour des faits moins urgents, vous pouvez appeller le 811, qui vous met en relation avec du personnel médical qui, éventuellement, vous donne des rendez-vous assez rapidement. Ces rendez-vous là sont entièrement pris en charge par la RAMQ si elle vous couvre. Attention, les médicaments sont beaucoup moins pris en charge qu’en France, il faut donc prévoir des coûts plus importants, que vous pouvez ensuite envoyer à votre assurance. Durant tout séjour médical, assurez vous exprésemment de demander un service en français si vous ne maîtrisez pas bien l’anglais.
Cependant, il faut faire attention. Si vous êtes français ou de nationalité d’un des pays signataires avec le Québec, n’oubliez pas de demander la carte de RAMQ (équivalent de la carte vitale), sans quoi vous allez payer comme un étranger les frais de santé, qui peuvent devenir vite très importants surtout pour des urgences (souvent, les montants sont indiqués à l’avance sur les site des hôpitaux). Je rappelle que pour obtenir cette carte il faut un document (formulaire SE 401-Q-106 pour les étudiants en échange français), qui doit être signé par le service international d’Avignon, la sécurité sociale française et enfin envoyé à la RAMQ. Il faut s’y prendre très à l’avance, car là où la RAMQ et l’université sont rapides pour signer le document, la sécurité sociale française peut prendre plusieurs mois.
Si vous n’avez pas de RAMQ ou ne pouvez pas en avoir mais que vous pensez avoir besoin de soins médicaux, n’oubliez pas de demander l’assurance de l’UdeM. Elle est d’ailleurs donné par défaut mais il faut la régler et faire l’inscription. Si vous avez la RAMQ, il faut demander une excemption de l’assurance sans quoi vous allez payer des frais d’assurance pour rien.
Enfin, je tiens à donner un avertissement. Avant de partir pour le Québec, assurez vous d’être bien vaccinés. Rien n’est obligatoire ici, mais certaines maladies y sont présentes tandis qu’elles ne le sont pas en France. Un exemple sont les souches de méningocoques qui sont différentes. Aussi, dû à l’absence d’obligation au Québec, certaines maladies ayant disparues en France y sont plus présentes, comme la rougeole, ou la galle (qui ne dispose pas de vaccin mais c’était pour l’exemple), assurez vous donc d’être à jour dans vos vaccins, surtout si vous êtes immunodéprimés. De plus, Montréal et le Québec présentent beaucoup d’animaux en ville, qui sont sujets à la rage. Cette maladie existe toujours au Canada et revient ces dernières années au Québec; la ville de Montréal fait, par exemple, des campagnes de vaccination animales chaque année, et il est possible de voir des panneaux de prévention en ville. Je rappelle que cette maladie ne peut pas être guérie mais uniquement prévenue. Je vous conseille donc de vous faire vacciner en France, ou certaines pharmacie proposent le vaccin (environ 80€ par dose). Certains médecins le proposent aussi notamment dans des centres de vaccination internationale, où ils analyseront votre cas et où vous partez pour vous vacciner en fonction. Je rappelle que vacciné ou non, si vous êtes mordus par un animal ou que vous avez un contact avec salive ou sang d’un animal suspect, il faut se rendre immédiatement dans un hôpital afin de recevoir des soins préventifs, qui seront plus lourds si vous n’avez jamais été vaccinés.
Autre
L’avantage des villes froides, c’est qu’ils y sont habitués. Sous l’UdeM, vous pouvez vous déplacer par tunnel, ce qui évite de sortir tout le temps quand il fait très froid. Au centre ville, il est également commun d’avoir des galeries marchandes sous terre qui relient également des bâtiments hors de terre.